Dracula 2001

DreamcatcherQuatre amis d’enfance se retrouvent dans une maison isolée pour passer du temps ensemble. Coincés par la neige, ils découvrent un fléau des plus dangereux.

Partant sur des bases de film réfléchi et plutôt psychologique, ‘Dreamcatcher’ démarre sur de bonnes bases et offre même une première demi-heure intéressante. La symbolique du Dreamcatcher, l’environnement pouvait ammener un petit film prenant.
Mais très vite, le film sombre dans une parodie de film d’horreur multipliant monstres mal choisis et symptomes peu ragoutants.

L’histoire qui prend une seconde voie avec l’arrivée de Morgan Freeman en chef d’armée devient alors dramatiquement lent et sans intérêt. On se demande d’ailleurs bien ce qui a motivé l’acteur pour ce rôle. On ne peut alors rester que dubitatif devant ce spectacle sans vie et déjà vu qui finit de façon plus que ridicule.

Les thèmes sont plus effleurés que réellement abordés, si bien qu’on en finit par avoir un peu de mal à cerner le film. De l’amitié, jusqu’au fléau mondial, on se demande ou le réalisateur veut en venir, tant rien n’est maîtrisé, ni cadré.

On sauvera donc une première partie regardable et plutôt sympathique, mais la suite plombe tellement le film qu’il faudra prendre soin de ne pas être trop attentif. Les acteurs sans conviction rajoutant au sentiment général de déception, ce ‘Dreamcatcher’ qui s’annonçait plus spirituel reste bien terre à terre, et extrêmement dispensable.

Dr Dolittle 2

Dr Dolittle 2Le docteur Dolittle, (Eddy Murphy) a la faculté d’entendre et de parler aux animaux depuis l’âge de 16 ans. Il est donc tout naturellement tourné vers eux et en en cas de problème, c’est vers lui qu’ils vont. C’est le cas dans ce deuxième opus où une bande d’animaux est menacée par de méchants bûcherons qui souhaitent détruire la forêt dans laquelle ils vivent. Le docteur Dolittle accepte donc de les aider en rendant à la vie sauvage un ours de cirque ! Mais ce n’est pas franchement du goût de la petite famille du docteur qui doit en plus faire face à la crise d’adolescence de sa fille…

C’est un film avant tout pour les enfants, même si tout le monde le sait. Le film n’est qu’une série de gags « animesques » qui font sourire voire même rire, et c’est bien agréable. Les animaux parlants ont toujours fait recette au cinéma. Les voir « imiter » l’être humain voire le parodier est très en vogue (voir la sortie prochaine du film « Cats and Dogs »), on ne s’etonnera donc pas de découvrir une mafia Corleonesque de castors.

Eddy Murphy est en très grande forme, comme toujours! Être entouré d’animaux lui réussit plutôt bien. Les autres acteurs sont très effacés et ne sont là que pour détourner un peu l’attention. Quant aux animaux, il faut apprécier la prouesse des dresseurs… Toutes les mimiques qu’ils peuvent faire prendre aux animaux sont bidonnantes. Par exemple avez-vous déjà vu un raton laveur téléphoner? Non? Et bien c’est hilarant ! La relation entre Eddy Murphy et l’ours est tout aussi géniale, bref on rigole bien si on a su garder son âme d’enfant.

On tombe bien sûr sur la morale facile de « être méchant ça ne paye jamais! Les gentils gangent toujours à être gentils! » Mais cette morale se retrouve dans tous les films pour enfants y compris dans les dessins animés. Parfois, on peut trouver cela nunuche, c’est vrai… Mais si on passe outre, Dr Dolittle 2 est un film qui se laisse regarder agréablement même si on a pas vu le premier opus.

Double Jeu

Double Jeu Libby Parsons (Ashley Judd) est accusée d’avoir tué son mari lors d’un week-end en bateau. Condamné à la prison, elle va tout faire pour en sortir et récupérer son fils.

Comme on aurait pu le penser, on obtient un sous « Fugitif », qui n’innove à aucun moment. On n’attendait pas un renouveau du cinéma avec ce film, mais les déjà-vu et les redites sont nombreuses; c’est vraiment dommage. Un peu de suspense, des bons sentiments, du cinéma américain, bien-pensant, et grand public.

L’interprétation des personnages est sans doute le meilleur point du film. Ashley Judd réussit à faire exister un minimum son personnage; Tommy Lee Jones reste un bon acteur, et malgré un rôle assez fade, lui donne une certaine dimension.
Tout le reste demeure d’un classisisme étonnant, surtout au niveau de l’humour… certains apprécieront, pas nous.

On ne retiendra donc pas grand chose de ce film. Il reste assez plaisant à voir. Une distraction légère plus qu’un film; rien de nouveau à l’horizon, juste une soirée à passer, si on a rien d’autre à faire.

Il faut être assez motivé pour aller voir un film dont on sait à l’avance que c’est du déjà-vu. « DOUBLE JEU » est fortement inspiré du « FUGITIF » sauf qu’il s’agit ici d’une fugitive (mais le reste est pareil.Le même Tommy Lee Jones traque encore une fois une personne non-coupable etc.). Ce film n’ajoute donc rigoureusement rien au genre.

Rien que le titre du film est déjà mensonger : on s’attend en effet à voir une confrontation psychologique entre l’héroïne et son ignoble mari et puis en fait non, rien sauf durant la dernière scène. L’héroïne se contente de fuir T.L. Jones durant les trois quarts du film, juste après un bref séjour en prison de 6 ans qui lui aura permis d’effectuer des séances de musculation journalières pour conditionner sa haine. Les cascades se multiplient alors gratuitement et l’intérêt porté au scénario ne tient que grâce à l’évocation du 5ème amendement américain (On ne peut être jugé deux fois pour le même crime).
La réalisation et la B.O. sont totalement impersonnelles, ce qui est le signe d’une production américaine à la va-vite. Et seules les interprétations des 2 acteurs principaux arrivent à sauver le film de la déroute. En effet, « DOUBLE JEU » joue assez habilement avec les sentiments des protagonistes (à l’Américaine, quoi !).

Donnie Darko

Donnie DarkoDonnie darko est le seul à pouvoir voir Franck, un être étrange qui, la même nuit, lui a sauvé la vie et lui a annoncé la fin du monde. Il reste 28 jours à l’adolescent pour tenter de sauver ce qui peut l’être.

Ca commence comme la naissance du Monde : c’est l’aube, un adolescent dort en plein milieu d’une route perdue ; lentement il s’éveille, s’assoit et regarde le soleil se lever doucement sur les collines. Ca commence comme la naissance du monde et pourtant quelques minutes plus tard on nous annonce que ce même monde touchera à sa fin dans 28 jours.

Nous sommes en 1988, et cette annonce apocalyptique est faite à Donnie Darko, ado middle class habitant une banlieue policée comme on en a déjà tant vu dans les films américains.
Quand on vous dira que le messager funeste est une sorte de grosse peluche au visage de lapin grimaçant, vous aurez compris que « Donnie Darko » n’est pas une production US habituelle.
Aux frontières de plusieurs genres (SF, critique sociale, teen movie, pseudo-horreur…) ce film joue sur la corde raide entre délire un peu inutile de jeune cinéaste ayant mal digéré ses BD SF et vrai-beau film qui affiche sa « Freak attitude » comme le manifeste d’une beauté étrange et troublante.

Les filiations sont nombreuses : on pense bien entendu à Lynch pour cette manière d’injecter du bizarre (« weird ») dans les pavillons américains et de faire tourner le film sur une logique a priori « illogique ». On pense également parfois à un bon épisode de la 4eme Dimension. Mais la structure du film et le final rappelle aussi beaucoup American Beauty. On retrouve en effet cette idée de Rédemption finale qui a eu tendance à marquer quelques grosses productions « indépendantes » sorties ces derniers temps (American Beauty, Magnolia, le 6eme Sens…).

Donnie Darko semble porter son destin dans son nom (« un nom de super héros » lui glisse sa future petite amie). Prophète de malheur schyzophrène, Cassandre au corps et aux envies d’adolescent, il porte le malheur et la bétise du monde sur ses épaules de 16 ans, tout comme on pourrait porter une croix.
Et ce poids, ce malheur incommensurable, pèse sur tout le film : une tristesse flotte entre les plans du film comme un deuil qui s’annonce, comme le sentiment de quelque chose qui va disparaitre à jamais. La fin du monde est proche mais que faire, à part s’y préparer au mieux ? … De toutes façons, comme un personnage le chuchote à l’oreille du héros, « toute créature terrestre est appelée à mourir seule ». A partir de ce constat fataliste Donnie va se (re)créer un destin vaguement christique. La très belle chanson finale résume mieux les choses que toutes les explications du monde : « And I find it kind of funny, I find it kind of sad, The dreams in which I’m dying, Are the best I’ve ever had » (comprenne qui ira voir…)

Richard Kelly, en se faisant télescoper teen movie et considérations pseudo-métaphysiques a fait un pari osé : on aurait pu (et certains le feront certainement) considérer ce film comme d’une naïveté risible (effets spéciaux à la petite semelle, références lourdes à tout un pan de la filmographie US). Mais la fraicheur et la sincérité de ce premier film, le jeu des acteurs, et -il faut bien l’avouer- les morceaux d’adolescence qu’on a pu conserver en soi font basculer le coeur du spectateur : Donnie Darko est un beau premier film, un OVNI bénéfique qui laisse une trace, ce qui est rare.